Marielle Macé

« Nos cabanes — poésie, anthropologie et luttes contemporaines »
« 47 % des vertébrés disparus en dix ans : faut qu’on se refasse une cabane, mais avec des idées au lieu de branches de saule, des histoires à la place des choses », pose Olivier Cadiot, impeccable.

Vite des cabanes, en effet. Pas pour vivre de peu mais pour braver ce monde abîmé, l’habiter autrement, l’élargir : étendre le parlement des vivants, écouter les choses de la nature (qui ne parlent pas mais qui n’en pensent pas moins), mêler à nos pensées les phrases des rivières, des forêts, des oiseaux ou des morts…

Ici la poésie en sait long. Car ces « choses » qui réclament si fort qu’on les traite autrement (et qu’une anthropologie aujourd’hui élargie place au cœur de son effort), ce sont les très anciennes choses lyriques. Pour une fois qu’on peut affirmer l’expertise du poème, on n’hésite pas. On tend l’oreille.

Sur une invitation de Sophie Orlando et Katrine Ströbel, professeures à la Villa Arson dans le cadre de l’unité de recherche Situations post.

Marielle Macé est écrivain, spécialiste de littérature française, normalienne, agrégée, docteur (Paris-IV, 2002), directrice d’études à l’EHESS. Ses livres prennent la littérature pour alliée dans une compréhension des formes de la vie commune. Parmi ses publications : Le Temps de l’essai (Belin, 2006), Façons de lire, manières d’être (Gallimard, 2011), Styles. Critique de nos formes de vie (Gallimard, 2016), « Nous » (Critique, n° 841-842, 2017), Sidérer, considérer. Migrants en France, 2017 (Verdier, 2017), Nos cabanes (Verdier, 2019).