Gregory Delaplace — Cacher – faire apparaître. Usages ethnographiques de la photographie

« Portrait de Badrah » par Vincent Micoud

Gregory Delaplace est Maître de Conférence au Département d’Anthropologie de l’Université Paris Nanterre, membre du LESC et de l’Institut Universitaire de France. Il est l’auteur de l’Invention des Morts (Paris, EMSCAT 2009) et a dirigé en 2018 le numéro « Fantômes » de la revue Terrain. Il prépare actuellement un livre sur les enquêtes scientifiques de la Société de Recherche Psychique dans les maisons hantées de l’Angleterre du XXème siècle.

Cacher – faire apparaître. Usages ethnographiques de la photographie
À partir d’un travail mené il y a plusieurs années sur les usages de la photographie en Mongolie, en particulier dans le domaine de la relation aux morts, il s’agit de s’interroger sur différents dispositifs grâce auxquels la photographie permet de faire apparaître certaines choses en en cachant d’autres.
Après avoir examiné les portraits funéraires réalisés par des opérations de retouche photographique au moment du décès d’une personne en Mongolie, et après avoir présenté le dispositif descriptif mis en œuvre pour en rendre compte ethnographiquement, je discuterai plus largement des procédés par lesquels les anthropologues, aux commencements de la discipline, ont cherché à faire apparaître la « culture » qu’ils se donnaient pour tâche d’étudier.
Dans un cas comme dans l’autre, pour les familles en deuil comme pour les ethnographes sur le terrain, la photographie promet de révéler l’existence objective de choses qui ne sont pas immédiatement accessibles. Dans un cas et dans l’autre, en revanche, ce sont les procédés employés pour y parvenir qui diffèrent, et le rapport établi entre ce qui est caché et ce qui apparaît.

Sur une invitation de Jean-Baptiste Ganne, professeur de photographie à la Villa Arson.

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