Situations post – programme 2018|19

Cette année, nous poursuivons notamment le travail de con-notation, en prise à la phénoménologie, engagé avec Nikolaus Gansterer, en explorant cette fois l’apport de la phénoménologie queer de Sara Ahmed, aux gestes de déplacements de pratiques existantes, de productions à partir d’une matière commune (argile, papiers, et autres matières souples ainsi qu’œuvres empruntées, textes poétiques et critiques) et de notations réflexives, en tant qu’espace de travail collaboratif.

Nous travaillerons notamment avec Jagna Ciuchta, Jean-Charles de Quillacq, Katharina Schmidt, Marielle Macé, Vanessa Desclaux, Stella Geppert, Ghita Skali.

Workshop situations post-fuck patriarcat

du 18 au 22 février 2019
avec Jean-Charles De Quillacq et Jagna Ciuchta
Co-organisé avec Vanessa Desclaux, Unité de recherche Fuck Patriarcat, de l’école d’art de Dijon.
L’objectif du workshop est de continuer le travail engagé dans situations post :
a) sur l’espace de l’exposition comme atelier,
b) sur le transfert de formes critiques et plastiques d’un médium à l’autre,
c) sur les pratiques collaboratives.

Nous proposons de réunir dans un même espace de travail et d’exposition des artistes sculpteur et sculptrices-performeurs (Jagna Ciuchta et Jean-Charles de Quillacq, curatrice (Vanessa Desclaux), et des étudiantes et étudiants pour manipuler des objets artistiques, des textes (notamment de Marielle Macé et de Sara Ahmed) et les passer de mains en mains afin d’investir par la phénoménologie queer les systèmes de productions et de notations à partir de la production et du partage de ressources dans un temps et un espace commun.

Nous investirons la galerie provisoire pendant une semaine pour mener ce workshop, pratique de transfert, de notation, de mise en espace, de partage de formes.

Jagna Ciuchta
http://www.jagnaciuchta.com/
Dans la pratique de Jagna Ciuchta, l’exposition est médium, espace réflexif, terrain de jeu de l’artiste. Éphémère, l’œuvre vit au cœur de ce que l’on peut appeler « une situation d’exposition ». Analysé avec précision dans sa singularité et la réalité des paradigmes curatoriaux, le lieu de l’exposition devient matière à récits plastiques. Aussi, au regard de ses spécificités, les artistes invités par Jagna Ciuchta peuvent créer un travail in situ, leurs œuvres apparaître par le biais d’une citation (par exemple photographique), « ré-exister » dans une nouvelle mise en scène, l’ensemble de ces occurrences se rencontrer dans un même projet, se retrouver plus tard, encore, motifs… Chapitre après chapitre – d’exposition en exposition – , l’œuvre se déploie, se stratifie et se ramifie, affirme sa nature organique.

Jean-Charles de Quillacq
http://www.jeancharlesdequillacq.com/
Jean-Charles de Quillacq est né en 1979, il vit à Sussac, Limousin. Résident du programme 5/7 de la Villa Arson de 2013 à 2015, il a participé à l’exposition L’après-midi (cur. Mathieu Mercier) au centre d’art. Son travail a également été montré à la Fondation d’entreprise Ricard dans le cadre de l’exposition Humainnonhumain (cur. Anne Bonnin, 2014), au CNEAI, Chatou, à la galerie Juliette Jongma, Amsterdam, à la galerie Klemm’s, Berlin, au Salon de Montrouge (2011) et à Bétonsalon (2010). Il est diplômé de l’Ecole des Beaux-Arts de Lyon et ancien résident de la Rijksakademie, Amsterdam. Il a récemment été invité à la Galerie Noisy-le-Sec, La langue de ma bouche (2018).

Marielle Macé
(conférence le 19 février)
Marielle Macé est spécialiste de littérature française. Normalienne, agrégée, docteur (Paris-IV, 2002), habilitée à diriger des recherches (EHESS, 2011), elle enseigne la littérature à l’EHESS, et comme professeur invité à New York University. Elle fait aussi partie des animateurs de la revue Critique (Éditions de Minuit) et de la revue Po&sie (Éditions Belin).
Sa recherche a porté successivement sur le genre de l’essai, sur la mémoire littéraire et les recours à la littérature, et sur un renouveau de la pensée du « style », élargie du domaine de l’art à la qualification de la vie et de ses formes, et aux valeurs qui s’y affrontent.
Ses livres prennent la littérature pour alliée dans une compréhension et une critique des formes de la vie ; elle travaille actuellement sur les solidarités entre la poésie et une anthropologie élargie (aux choses, aux environnements, aux communs, aux zones à défendre, aux plantes, aux bêtes…). Elle est en particulier l’auteur de : – Façons de lire, manières d’être (Gallimard, 2011) (traduit en Italien, Chinois, Roumain; traduction partielle en Anglais) Styles. Une critique de nos formes de vie (Gallimard, 2016) et de Sidérer, considérer. Migrants en France 2017 (Verdier, 2017; traduction en Italien et en Portugais, à paraître)

Vanessa Desclaux
Professeure d’enseignement artistique en histoire des arts à l’école nationale supérieure d’art de Dijon, elle a terminé un doctorat au Goldsmiths College de l’Université de Londres. Elle est également commissaire d’exposition indépendante et s’occupait entre 2009 et 2010 du programme d’expositions de Bloomberg Space à Londres. De 2006 à 2009, elle a travaillé pour la Tate Modern en tant que commissaire assistante sur de nombreux projets d’exposition et de performances. Elle est également l’auteure d’essais sur l’art et écrit régulièrement pour la presse spécialisée en Europe. Elle est professeure d’histoire de l’art et directrice des études et de la recherche à l’école d’art de Dijon.

Workshop avec Katharina Schmidt

au mois de mai, à Marseille.

Katharina Schmidt
Vit et travaille à Marseille, Toulouse, Berlin.
Le signe occupe une place centrale dans le travail de Katharina Schmidt. Il est souvent issu d’emballage, de dépliant publicitaire, de mode d’emploi, ou renvoie à travers un langage formel éthéré, à des architectures (La Grande Motte…) ou des constructions publiques (les échangeurs autoroutiers…). Parfois, il se multiplie jusqu’à enrober (et déborder) l’espace, il se répète à l’infini sur du papier peint ou des rideaux… Sérigraphié, dessiné ou peint, il se déploie comme un motif sériel, élément de décor à partir duquel l’artiste interroge notre environnement.
A ce travail de « signalisation du monde » envahissante, Katharina Schmidt articule une pratique précise de peinture aquarelle et de dessin monochromes. S’attachant à poser son regard sur des architectures remarquables (Les unités d’habitation de Le Corbusier) ou plus triviales (un centre commercial de Marseille), elle met en place les moyens d’une lecture à la fois sensible et distante du réel. L’œuvre de Katharina Schmidt s’appuie sur une exacte appréhension de l’espace qui nous entoure, son geste épuré et détaillé mise d’avantage sur l’infime que sur l’effet, ainsi elle parvient à tracer avec justesse les lignes de construction du monde.

Format Masterclass « Conférence-Atelier »

une soirée et une journée.

Stella Geppert
le 16 janvier
http://www.stella-geppert.de/bio.php
Sculptrice, vit à Berlin et à Halle. Elle a étudié à l’école des Beaux-Arts de Paris et à l’Universität der Künste, Berlin. Sa pratique prend la forme de concepts corporels et spatiaux performatifs, d’installations, de dessins. Ses performances expérimentales interrogent les comportements sociaux et les situations de communication. Celles-ci prennent la forme de sculptures qui souvent perturbent la perception du visiteur. Depuis 2010, elle est professeure à l’université d’art et de design de Halle (Saale) en Allemagne.

Ghita Skali
le 30 janvier

Ghita Skali a étudié à la Villa Arson où elle a eu son DNSEP en 2016. Ensuite, elle a fait partie du programme du post-diplôme des Beaux-arts de Lyon, puis à Clermont-Ferrand. Elle est actuellement résidente à De Ateliers, Amsterdam.
Sa pratique a pour impulsion initiale des enquêtes minutieuses sur des anecdotes et révèlent des relations au pouvoir fondées sur des mythologies qui manifestent autant de systèmes de croyance et d’autorité. Elle emprunte souvent les codes du reportage télévisé, du micro-trottoir, de la création d’entreprise, de cartes mentales et de conférences performances. Il s’agit moins de dégager une vérité de l’anecdote que de cartographier toutes les ramifications possibles de cette narration, les contradictions et les impasses des multiples rumeurs qui les fabriquent. Elle a montré son travail en France (Printemps de Septembre à Toulouse, Salon de Montrouge, Biennale de Lyon Résonnances), au Maroc (Le cube à Rabat, Galerie VC à Casablanca), en Italie ( Fondation Sandretto Re Rebaundego à Turin) et en Egypte ( Biennale off du Caire, Wekalet Behna à Alexandrie). Elle a reçu en 2017, la bourse de création Al Mawred Al Taqafi pour les jeunes artistes arabes.

Formats in situ

• Espace de l’Art Concret
le 5 décembre à Mouans-Sartoux

Séance de travail co-organisée avec Karima El Karmoudi à l’Espace de l’Art Concret, à l’occasion de la restitution de la résidence de Katrin Ströbel.

• La Villa E1027
le 6 mars, à Roquebrune-Cap-Martin

Discussion et séance de travail autour de la figure et des gestes de l’architecte et designeuse Eileen Grey.
Conférence de l’historienne de l’architecture Stéphanie Dadour (à confirmer).

• Colloque organisé par Sandra Delacourt : « Hiérarchies et politiques du vivant. Regards croisées de l’art et des sciences humaines et sociales sur l’humanité et la bestialité / ESBA Tours » les 20 et 21 mars.

L’émergence des discours et des rationalités scientifiques qui, depuis l’aube de la modernité, ont produit de nouvelles lignes de démarcation pour distinguer l’animal et l’homme de la bête. Cette sous-catégorisation du vivant fut l’un des axiomes essentiels de la philosophie des Lumières, mais aussi de la mission civilisatrice qui a porté le projet colonial et le capitalisme industriel. Fabuleux vecteur de connaissances et de savoirs, l’episteme moderne (Michel Foucault) est paradoxalement porteur de rapports de domination qui, aujourd’hui encore, demeurent ancrés dans l’inconscient collectif et opérants dans le corps collectif.