Les sismographes

L’atelier interroge le cœur et les marges du dessin contemporain, le considérant avant tout comme un média ouvert, en dialogue constant avec d’autres médiums et pratiques. Il accompagne ses expressions les plus littérales – dites classiques – aux plus protéiformes, éclatées, relavant de la « post-medium condition » selon les termes de Rosalind Krauss. Son approche conceptuelle s’enracine dans le sens premier du mot, le dessein, puisqu’il s’agit de regarder l’intention des choses, leur projet : les lignes d’un paysage, d’un cours d’eau, d’une roche. Les lignes d’un espace architectural pensé, construit, ses vides, ses pleins, son inscription dans un environnement. Les lignes du monde humain habitant et arpentant ces espaces. Nous regardons l’histoire des lignes, les lignes droites de la modernité face à celles qui désobéissent à l’ordre établi. Nous observons les moments historiques et contemporains où les lignes s’émancipent : devant le dérèglement du monde physique et idéologique, un certain chaos des lignes et des formes semble aujourd’hui vouloir l’emporter sur la maîtrise du trait parfait.

Les Sismographes enregistrent tout. Le visible, l’invisible. L’audible, le silence, les pensées, les nuages, les choses inexprimables. Les Sismographes observent, capturent, dessinent, saisissent les traces, les lignes, les gestes. L’ombre d’un arbre sur le mur d’un bâtiment, les souvenirs d’une longue promenade, une conversation entre amants, les mouvements d’une skateuse qui dévale seule un boulevard vide à minuit en faisant de grandes serpentines, ils·elles dessinent les cauchemars et les rêves, le capitalisme, les frontières, les luttes, les grands et petits séismes qui font trembler nos jours.

Les Sismographes est un atelier ouvert à tou·te·s les amoureu·ses·x de la ligne.